© J.Patuelli/Editions Atoll


L
es Arawaks (les indiens caraïbes) peuplaient depuis le fond des âges l'île de Saint-Martin lorsqu'en 1493 un marin Génois du nom de Christophe Colomb, subventionné par la Reine d'espagne, et fort d'un premier succès, entreprend un second voyage vers les Antilles et se retrouve devant les rivages verdoyants de l'île. A ce jour précis on fêtait Saint Martin de Tours aussi Colomb la nomma tout simplement Saint Martin.
En 1625 les européens vont se pencher sur ce petit eden riche en sel. Les français arrivent les premiers suivis de très près par les hollandais. Ces derniers exploitent très vite les salines nécessaires à l'industrie de la conservation des harengs.
Dix ans plus tard les espagnols débarquent à leur tour. Pour affirmer leur présence ils construisent un fort à la Pointe Blanche. Il ne manquait plus que les anglais qui font leur apparition peu après. Beaucoup trop de monde sur ces 75 km2 et par conséquent des conflits apparaissent.
Les Espagnols et les Anglais quittent assez facilement l'île car elle ne représente pas pour eux un intérêt majeur. Restent les Français et les Hollandais qui décident de se partager l'île, tant au niveau géographique qu'au niveau de ses richesses.


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Les Français s'établissent dans la partie Nord de l'île (43 km2) et les hollandais dans la partie méridionale (32 km2). Pour délimiter les territoires, quelqu'un eut une idée lumineuse: on organisa une course entre un Français et un Hollandais. Celui qui parcourait la plus longue distance marquait sa frontière. Le Français remporta la course, et le territoire de la France représente toujours aujourd'hui les 2/3 de l'île. On raconte qu'un petit verre de vin rouge expliquerait la performance du matelot ! Ces bonnes résolutions sont concrétisées le 23 mars 1648 avec la signature du traité du "Mont des Accords". Malgré tout, entre 1648 et 1816 on ne compte pas moins de 16 changements de propriétaire…

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Justement, puisque l'on parle propriétaire, faisons le tour de… l'île !

Le Saint Martin français
Boutiques, cafés, noms des rues, tout est d'influence française. De Philipsburg à Marigot vous passerez devant un monument frontalier, seul élément qui détermine l'entrée du Saint Martin français. Edifié en 1948, il symbolise la bonne entente entre les deux nations depuis plus de 350 ans.

Marigot
Situé le long de la Baie de Marigot, la capitale à la "french touch" est particulièrement intéressante pour son shopping hors-taxe. Près du port se trouve Marina Port Royale, un centre commercial prestigieux envahi par les touristes. Les joailliers et les plus grands couturiers y ont établis leur "rue Montaigne" à des prix bien plus attractifs.
Après le shopping, poursuivez votre visite en découvrant le musée " Sur la trace des Arawaks" (une très bonne rétrospective sur l'histoire et la culture de l'île). Vous y trouverez : vestiges pré-colombiens, objets usuels ayant appartenus aux indiens, aux esclaves, photos datant du début du siècle…

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Profitez de votre passage à Marigot pour allez faire votre marché. Il se tient près de la Marina, les mercredi, vendredi et samedi matin. Face à la baie les poissons fraîchement pêchés côtoient les senteurs sucrées et suaves des fruits et légumes mais aussi les œuvres d'art les plus insolites. Ici il n'y a pas de prix hors-taxe mais le marchandage est de rigueur !
Juste au dessus de vous se dresse le majestueux Fort Saint Louis, il serait dommage de ne pas visiter le plus grand monument de Saint Martin. En voiture ou à pied, gravissez la colline parsemée de demeures antillaises et vous voici au pied de la forteresse. Cette dernière fût construite en 1767 pour se défendre des envahisseurs. Les plans ont été établis depuis Versailles sur l'ordre de Louis XVI, et les canons encore présents aujourd'hui datent également de cette époque. En 1789 le fort est partiellement occupé par les hollandais, la révolution démocratique menace… De nos jours il est fréquenté par les touristes pour sa vue panoramique imprenable sur l'île et la "Grande Bleue".

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Un peu plus haut encore le Pic Paradis domine l'île et culmine à 460 mètres. A son sommet se trouve 2 postes d'observations. Régalez vos yeux de la forêt tropicale et de paysages magnifiques. La randonnée est sans doute la meilleure façon de le parcourir, deux points de départ sont possibles, soit à partir de Rambaud ou bien du Quartier d'Orléans.
Si vous partez plus au nord, vous tomberez sans aucun doute sous le charme de Grand Case. Ce petit village de pêcheurs compte parmi les meilleurs restaurants de la région et possède une architecture angélique. De ravissantes petites maisons de bois aux couleurs pastels ornées de sculptures s'accordent merveilleusement bien avec un environnement paradisiaque.
A mi-chemin entre Marigot et Grand Case, faites une pause à Colombier, un havre de paix dans un cadre verdoyant. La vallée luxuriante permet les plus belles des ballades, et le froissement des feuilles et le chant des oiseaux seront les seuls à vous distraire, même vos oreilles seront "au vert" !
Après avoir parcouru la partie septentrionale de l'île (peu développée) et profité des différentes plages, prenez la direction de l'est pour rejoindre Orléans. Appelé aussi le Quartier Français, Orléans vous transporte au 17ème siècle. Ce paisible village de pêcheurs fût la première terre prospectée par les pionniers français. Depuis rien n'a changé ou presque, l'atmosphère et l'architecture demeurent intacts, seuls quelques résidences et magasins ont réussis à s'implanter.
Changement de cap, changement de décor ! L'est de la partie française est radicalement différent, les Terres basses sont un paysage de brindilles qui s'enfouissent dans une sablière. Elément séparateur de la "Simpson Bay Lagoon", les Terres Basses comptent aussi deux charmantes plages : Plum Bay et Baie Rouge.


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Le Saint Martin néerlandais
Comme il ne faut pas être chauvin, faites donc un tour dans le Saint Martin néerlandais, ambivalence constante entre culture hollandaise et créole. Forts, zoo, etc… vous n'êtes pas au bout de vos surprises !
A cheval entre Salt Pond et Great Bay, Philipsburg est créée en 1763 par John Philips, un capitaine d'origine écossaise engagé dans la marine hollandaise.
Bien avant la mise en place d'un port franc la partie hollandaise a su anticiper en développant des structures touristiques de 1950 à 1970. Aujourd'hui elle profite des revenus issus des activités touristiques mais aussi de la défiscalisation.
Les quartiers des bonnes affaires sont Frontstreet et Backstreet : vêtements, bijoux, hi-fi, électronique à des prix défiant toute concurrence, difficile de rester raisonnable face à de telles occasions ! Une fois le porte-monnaie vide, aventurez-vous vers les arcades et admirez l'architecture indienne et les maisons créoles. Poursuivez avec : "le Pasanggraban Hôtel" (hôtel des têtes couronnées), le "SinMartin Museum" (histoire et culture du territoire) et enfin


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"l'ancien tribunal" qui fait office de bureau de poste et d'hôtel de ville.
Le Fort d'Amsterdam était à l'origine un fort espagnol, abandonné en 1648, il sera reconstruit par les hollandais quelques années plus tard. Alors que s'achèvent les man²uvres militaires à la fin du 19ème siècle, le fort est reconverti en centre de communication jusque dans les années 50. Aujourd'hui il offre une très belle vue sur une autre fortification : le Fort Willem. Situé à l'est de Philipsburg, ce fort a été construit en 1801 par les anglais et repris par les hollandais en 1816. Actuellement il est doté d'une tour de transmission télévisuelle.Cheveux au vent découvrez sa vue panoramique sur Philipsburg et les îles voisines.
Après ces visites culturelles, partagez l'animation particulière de Great Bay : une grande zone de navigation marchande , beaucoup d'installations nautiques vous attendent.
Visitez ou entrevoyez les salines de Great Salt Pond, appelés pendant longtemps "l'or blanc de Saint Martin". Plus au nord faites un petit arret au zoo géré par le "St. Marteen Zoological and Botanical Garden" (une association à but non lucratif). Les animaux (entre autres les singes de St. Kitts), les oiseaux et les plantes sont originaires du bassin des Caraïbes et de l'Amérique du sud. En vous déplaçant un peu plus à l'ouest ne manquez pas non plus le promontoire de Cole Bay Hill qui surplombe les îles d'Anguilla, Nevis, Saba, St. Eustache, Saint Barthélemy et Saint Kitts. Où sont les pellicules photos ?

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Longez Simpson Bay Lagoon, une grande zone de stations balnéaires, et allez fouler le sable fin de la plage de Maho Bay riche en émotion. Situé en bout de piste de l'aéroport de "Princesse Juliana", les Boeing et les Airbus viennent frôler vos serviettes, que de sensations !
Ultime changement de direction : l'Est. Extrêmement réputé pour sa plage propice aux sports de glisse, Oyster Pond est avant tout un lieu historique. C'est en effet à cet endroit qu'aurait eu lieu la fameuse course entre un français et un hollandais, l'enjeu était tout de même de déterminer les frontières !