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De Chenillé-Changé à La Suze-sur-Sarthe
par la Mayenne, la Maine et la Sarthe.
 JF
Macaigne

 
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Trois kilomètres plus loin, à la sortie du bras de l’écluse de Solesmes, c’est le choc. La formidable abbaye de Solesmes emplit l’espace de ses hauts murs. Evidemment, il faut s’arrêter, c’est l’un des temps forts de la croisière, et pour cela, il existe deux pontons, avant et après le pont.
En 1010, un prieuré dépendant de l’abbaye de la Couture, du Mans, est fondé avec une dizaine de moines. Pendant la guerre de Cent Ans, le monastère est détruit en 1425, et il va falloir attendre la fin du XVe pour que peu à peu, l’église abbatiale et le monastère se reconstruisent.C’est l’époque de la sculpture du « Tombeau du Christ », un splendide ensemble placé dans le transept sud de l’église abbatiale. Face à lui, dans le transept nord, un autre ensemble tout aussi extraordinaire est consacré à la vierge. Le monastèrese meurt doucement, jusqu’à Dom Guéranger, au XIXe siècle, qui va insuffler une nouvelle vie à la communauté. Celle-ci est maintenant vivante, et travaille et étudie selon la Règle de St Benoît. Les moines chantent le chant Grégorien, et il est possible d’assister à leurs offices (messe à 10h, Sexte à 13h, None à 13h45, Vêpres à 17h et Complies à 20h30 – il vaut mieux arriver un peu avant, ces horaires sont ceux de la fermeture des portes). Ce sont des moments très forts, et la proximité de la nature et de la rivière renforce encore ce sentiment.
Le parcours entre après Solesmes dans sa plus belle partie. Tout d’abord champêtre et bucolique, il va faire place à une succession de villages magnifiques, entrecoupés par les visions de petits châteaux sur les rives. Une heure après Juigné, un petit château Renaissance annonce Avoise : c’est le Manoir de la Perrine de Cry. Abordez, ce n’est pas fini. Dans le village, une vieille église – St Sulpice (XVIIe) – et son remarquable retable, quelques belles maisons anciennes, et une petite rivière. Mais surtout, une route, la D57, qui en quelques kilomètres à travers champs, vous emmènera jusqu’à un ravissant village, connu pour être le plus beau du Maine : Asnières-sur-Vègres. Les murs romans de l’église St Hilaire, du XIe, montrent des peintures murales de la fin du XIe, complétées et parfois aussi recouvertes au XIIIe par d’autres, de toute beauté. Quelques mètres plus loin, un bâtiment en deux parties, dont l’une avec une tour ronde. Ils furent construits en 1237 et 1260 et appartenaient aux chanoines du Mans. On les appelle « La Cour » dans les registres, et « le Temple » dans les chaumières.

En continuant sur la Sarthe, on arrive bientôt à Parcé-sur-Sarthe. Ce petit village fut quasiment rasé au XIVe siècle par l’anglais Robert Knolles pendant la Guerre de Cent ans. C’est à ce moment que l’ancienne église St-Pierre, dont on voit encore le clocher (la tour St-Pierre) fut détruite. Les maisons de Parcé sont donc souvent du XVe-XVIe siècle. On découvre encore le grenier à sel, la maison du passeur, la maison de l’ancien tripot, et d’autres belles maisons anciennes. Il existe un petit ponton devant le moulin, avant l’écluse, et, comme il se doit, il existe également un autre point d’amarrage de l’autre côté, après l’écluse…
A la première écluse passé Parcé, un moulin éclate de beauté. C’est le Moulin d’Ignière, des XVe et XVIe siècle, qui fut de 1944 à 1950 la propriété de Marcel Pagnol. Il s’y réfugia à la fin de la guerre avec sa femme Jacqueline, son frère René et quelques amis, dont Tino Rossi. Il y écrivit une partie de Fanny, et y tourna Le gendre de Monsieur Poirier, ainsi que Léopold le Bien aimé, avec Michel Simon.
Un peu plus d’un kilomètre plus loin, le château de Pêcheseul se dresse, solitaire au bout de sa pelouse. Il fut reconstruit entre 1483 et 1549 sur les restes d’un château des XIIe et XIIIe siècle, et il vaut ce coup d’œil bref entre les arbres.

 
   
Texte & photos : © JF Macaigne