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De Fürstenberg à Ketzin via Berlin JF Macaigne


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Le lendemain, le réveil fut lent et quelque peu difficile. Mais nous avions prévu de faire la traversée de Berlin, et ça motive…
Nous avons retraversé le Tegeler See dans l’autre sens, puis viré à gauche toute dans le Berlin-Spandauer Schiffahrtskanal, un long bief quasi rectiligne qui longe l’aéroport de Tegel. C’est d’ailleurs assez spectaculaire de voir les avions passer au-dessus, si bas qu’on pourrait compter les hublots. Et à 6 km/h, c’est toujours rigolo d’observer ceux qui vont vite.
Le canal se termine par l’écluse de Plötzensee, et tout de suite après, nous tombons nez à nez avec une collection de bidons de lait de taille monstrueuse. C’est une « ferme » de réservoirs de stockage de produits pétroliers, installée quasiment au centre de Berlin. Cela peut paraître étrange, mais Berlin est l’une des rares villes au monde à pouvoir surprendre ainsi : les arbres très nombreux masquent ce qu’il y a derrière, ce qui donne au touriste l’impression d’être perpétuellement à la campagne. Berlin est vert… et bleu à cause de tous les canaux, lacs et rivières qui la parsèment.
Le petit canal de Charlottenburg permet en quelques minutes de rallier l’embranchement de la Spree qui va nous emmener vers le centre de la ville, comme nous l’avions déjà fait lors d’un autre voyage. La différence est que cette fois-ci, nous ne rebrousserons pas chemin, et que nous continuerons après l’écluse de Mühlendamm. Aventure, quand tu nous tiens…
Nous refaisons le trajet avec toujours le même émerveillement. Rien n’a changé ou presque depuis 2008 (voir sur Locaboat.com  le reportage « De Ketzin à Berlin - Voyage en Pénichette® 1165 FB »), mais c’est un plaisir encore différent. Les reflets sur les grands immeubles de verre sont toujours aussi magiques, les ours de Moabiter Brücke sont toujours là, et la Chancellerie déploie toujours ses formes géométriques futuristes.
Nous sommes passés devant le Reichstag à 13h pile, et là, nous avons senti qu’il était urgent de s’arrêter, nos estomacs le réclamant avec insistance. Il faut dire qu’à Berlin, il existe une quantité non négligeable de haltes où il est possible de s’attacher pour 24 heures, gratuitement de surcroît. Nous avons réalisé un amarrage un peu serré, car les bateaux-mouches qui passent ont un autre objectif que celui du confort des bateaux à quai. Et après le déjeuner, puisqu’après tout, nous étions bien ici, une partie de l’équipage est allé au ravitaillement. Nous l’avons tout simplement trouvé à l’intérieur de la gare de Friedrichstraße, tout à côté, où un supermarché conséquent (et fréquenté) offre un choix plus qu’honorable.

Nous sommes repartis vers les 16h, sentant confusément qu’il y avait encore beaucoup de choses à voir. Nous nous sommes insérés dans le trafic, comme Cabrel dit dans la chanson, et avons continué la Spree : l’île des musées, le restaurant de la veille au soir, de jour avec moins de monde, la cathédrale, le grand terrain vert qui a remplacé maintenant (jusqu’à quand ?) le palais de la République, l’église St Nicolas, et nous arrivons à l’écluse de Mühlendamm. C’est ici le véritable centre de la construction de Berlin au moyen-âge. Berlin à gauche, Cöln à droite, qui un jour se sont réunis pour des raisons économiques. On connaît la suite.
Une fois l’écluse franchie, nous n’avons plus le stress des bateaux-mouches devant et derrière nous. L’ouvrage est assez surprenant : il est à double bassin, ce qui permet de séparer les gros des petits, et surtout d’en faire passer plus en moins de temps.
De l’autre côté, la Spree entame un voyage dans le passé : à gauche, Friedrichshain et le souvenir de Berlin-Est, et à droite Kreuzbeg, autrefois dans le secteur américain.
L’Est est encore présent avec ces immeubles définitivement délabrés mais toujours debout, les baraques folles du quartier avant-gardiste branché qui longe le mur, les anciennes maisons qui se mélangent aux constructions ultramodernes, et le Mur, omniprésent. L’East Side Gallery est blanche de ce côté-ci, et l’Oberbaumbrücke garde ses allures de château de Disneyland. Côté Kreuzberg, d’immenses graffitis recouvrent les faces arrières des maisons, et les amoureux flirtent dans les terrains vagues défoncés. Sur la droite, une sculpture monumentale, œuvre de l’américain Jonathan Borofsky : trois hommes en aluminium troué qui convergent en étoile, à 30m au dessus de l’eau. C’est le symbole de la réunion des trois quartiers de Treptow, Friedrichshain et Kreuzberg. Les trous figurent les molécules. Les Berlinois nomment l’œuvre les hommes-Calgon (ça fait des trous ?), ou les fromages puissance 3. A vous de choisir.
Nous allons garer la Pénichette® dans la petite marina du Rummelsburger See, et hop ! nous sautons dans un bus pour retourner en ville. Ce soir, nous avons décidé une incursion dans le secteur de Hackescher Markt, dans Mitte. C’est un quartier branché de la capitale, où se trouve Hackeschen Höfe, une succession de huit petites cours, refuges de galeries de peintures, magasins à la mode, petits cafés, etc… Tout autour, dans Oranienburger straße et les rues adjacentes, les lumières s’allument sous un flot de décibels dans l’un des hauts lieux du Berlin à la mode : le Kunsthaus Tacheles à la décoration délirante, qui, après avoir été grand magasin puis prison nazie, est devenu l’un des rendez-vous des artistes avant-gardistes, tout à côté de la Synagogue. Nous terminons au Cafe Dante, en terrasse, sous les décorations orientales de la gare de Hackescher Markt. Culture, culture…

 

     
Texte & photos : © JF Macaigne
 
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