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De Fürstenberg à Ketzin via Berlin
JF Macaigne


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Himmelpfort - Zehdenick - Oranienburg - Tegel - Berlin (parenthèse nocturne) - Berlin (navigation) - Spandau - Ketzin

Il serait évidemment vain d’espérer décrire Berlin dans sa totalité et sa complexité. Berlin est l’une des capitales au monde qui possède une Histoire des plus riches et des plus anciennes.
L’Homme est présent ici depuis plus de 60 000 ans. Le glacier, vers -16 000 se retire et laisse apparaître la Spree. La région est giboyeuse, et les chasseurs se sédentarisent. On a retrouvé des pointes de flèches, des racloirs et des haches en silex datant de -9 000. Au VIe siècle avant JC, des tribus germaniques peuplent l’endroit qu’elles délaissent peu à peu, laissant des peuples slaves s’établir dans la vallée de la Spree. La construction des premiers faubourgs est mentionnée dès le XIIe siècle : Spandau en 1197, Köpenick en 1209, Cölln, une île sur la Spree en 1237 et Berlin en 1244. Le reste fait partie de l’Histoire, et je vous renvoie à votre manuel favori.
Evidemment, on ne peut pas dissocier Berlin de la seconde guerre mondiale et de ses suites comme le Mur et sa chute. La ville est imprégnée de tout cela, et la réaction de ses habitants est une grande liberté, un air que l’on respire très particulier, une sorte de joie communicative d’être là avec tout le monde, et de partager avec le reste de l’humanité des parcelles de bonheur. J’exagère un peu, peut-être, mais je ne suis pas loin. Il y a en chaque Berlinois un quelque chose qui entraîne, une fraternisation naturelle. L’esprit de Kennedy est tout proche, et la créativité parfois exubérante à l’excès renouvelle l’ambiance sans arrêt.
Il y a des lieux qu’il faut absolument visiter, et vous n’aurez pas beaucoup de temps, car Berlin est une grande ville. Tant mieux, cela oblige à revenir. Normalement, vous passerez au moins deux soirées, sinon trois à Berlin : celle du jour où vous serez amarré à Tegel, la deuxième dans Berlin même, et la troisième depuis Spandau, qui n’est vraiment pas très loin. Sinon, visez Potsdam, pour une incursion au Siècle des Lumières…
Depuis Tegel, nous avons pris le U-Bahn (le métro souterrain). En quelques minutes, nous étions dans le centre de la cité, à Potsdammer Platz, très exactement, où les buildings de verre créent une vision d’avenir. Au milieu de cette débauche architecturale magnifique, quelques souvenirs resurgissent du passé. Ici des pans du Mur, encore couverts de leurs graffitis, là un vieux panneau du S-Bahn, conservé sous verre, ailleurs la reproduction de l'horloge qui se dressait sur la place dans les années 20, au milieu des tramways et des bus à impériale... C’est la mémoire entre les reflets et les transparences de l’avenir. Un thème qui rythme Berlin. Plus jamais ça, alors, montrons que nous vivons pour notre futur. On retrouve cette exigence dans l’idée du nouveau dôme du Reichstag. Un vaisseau spatial où l’on visite le cœur, tourné vers les étoiles. Au couchant, c’est de toute beauté.
Il fallait y aller, à pied depuis Potsdammer Platz, en longeant Tiergarten. C’est le quartier chic. Les ambassades ont compris. Nous longeons ce mémorial à l’holocauste fait de 2711 blocs de béton gris alignés comme dans un cimetière et plantés à hauteur inégale, à l’instar de ces gens dont ils perpétuent le souvenir. A hauteur inégale, mais tous de la même matière, celle de l’Amour qui unit. Les enfants jouent à cache-cache dans les corridors étroits. Il n’y a pas qu’eux. Un jeu universel où les adultes redeviennent des enfants. Nous sommes à 300 mètres de l’endroit où se trouvait le bunker d’Hitler… Berlin fabrique des symboles au rythme d’un cœur qui bat. Sous les blocs existe un musée, dont l’une des salles contient le nom de toutes les victimes de la Shoah. Si un visiteur voulait écouter toutes les références de ces victimes, il faudrait qu’il y reste quinze ans.
Le Mur n’existe plus. Enfin, celui-là… A la place, les Berlinois ont construit des immeubles transparents, des coupoles translucides. De l’ère de l’opaque, ils ont voulu entrer dans l’ère de la transparence, de l’échange des idées, de la compréhension, de l’écoute sans laquelle aucune paix au monde n’est possible. Sans tolérance, il n’est pas de respect, de fraternité. Potsdammer Platz n’est pas qu’une suite de beaux immeubles modernes, symbole d’un futur. Ce qu’il ne faudrait pas oublier, c’est que Potsdammer Platz s’élève aujourd’hui sur les lieux même du trou béant laissé par la guerre, dans lequel passait le Mur. En bas des étages de verre, à côté des jeux de ballons de Jeff Koons, s’étend la Marlene Dietrich Platz. Lili Marlène, la seule chanson qui fut chantée pendant la Guerre dans toutes les langues avec un égal bonheur.
Nous avons achevé la soirée au Ständige Vertretung* , sur les bords de la Spree, un célèbre restaurant où l’on déguste de succulentes currywurst (entre autres) en regardant les bateaux et l'incroyable décoration des murs, dédiés à l’époque où l’Allemagne était encore séparée en deux. La salle était plus que comble, mais le service rapide, et l’ambiance… berlinoise, c’est à dire très amicale. Les carnets d’adresses se sont remplis à grande vitesse.


*Ständige Vertretung – Schiffbauerdamm 8 – 10117 Berlin
     
Texte & photos : © JF Macaigne
 
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