De Redon à Josselin en Pénichette®
JF Macaigne

A force d’en parler, de l’évoquer, il fallait bien que ça arrive. Nous avions envie de « faire un tour » en bateau ensemble, tous les six. La bande. Le gang. Le choix de l’endroit a été plus long, mais somme toute, extrêmement judicieux. Ça, on ne pouvait pas le savoir avant de revenir, mais je peux vous dire qu’il n’y a pas un seul d’entre nous qui regrette. Nous avions envie de France, de vieilles pierres, de gastronomie, et de dépaysement. La Bretagne nous a mis d’accord.
A six, il faut un grand bateau. Pas de demi-mesure, nous avons choisi le plus grand : une Pénichette® 1500 FB, louée sans permis chez Locaboat. 15 mètres pour être à l’aise, et Flying Bridge pour profiter du paysage. Un cocktail haut de gamme. Et finalement, quand on partage en trois, ç’est même plutôt économique…
La base est à Redon, à une soixantaine de kilomètres de Rennes (à voir absolument si vous avez le temps), que l’on atteint par autoroute, TGV, ou avion. Vous pouvez aussi y aller en vélo, mais cela risque de vous prendre plus longtemps. Nous avons préféré utiliser nos voitures. Pour amener le ravitaillement, c’était plus pratique. En fait, c’était une erreur, parce qu’on trouve tout sur place, hypermarchés et petits commerçants. D’ailleurs, je vous encourage vivement de faire provision de far aux pruneaux et de craquelins dans les boulangeries de la rue du Guesclin ou de Grande rue, vous éviterez d’avoir des regrets. On en trouve ailleurs, je vous rassure, mais ce serait idiot de perdre quelques jours de dégustation, non ?

Redon est une petite cité charmante et bretonne, ce qui en soi est déjà un pléonasme. Les vieilles maisons à pan de bois y fleurissent comme des marguerites dans les prés au printemps, et si, comme nous, vous aimez les vieilles pierres, vous visiterez l’abbatiale Saint Sauveur, merveille de pierre à voûte en bois fondée en 832, où les pèlerins affluaient jusqu’au XVIIe siècle. A cette époque (1622), Richelieu en était l’abbé commendataire. Juste à côté, poussez la porte du Lycée St Sauveur, installé dans les murs de l’ancien cloître. Et régalez vousw de la beauté tranquille du lieu. Descendez Grande Rue, vous aboutirez sur le quai de Brest, qui longe le canal. Empruntez ce charmant petit pont de fer tout blanc, ou mieux, passez dessous, et traversez par l’écluse. Sur votre gauche se trouve le quai Duguay-Trouin et ses maisons d’armateurs des XVIIe et XVIIIe siècles. Derrière, dans la rue du Jeu de Paume, une crêperie : l’Akène. Délicieux, mais très long…
Il est vrai que nous étions impatients de découvrir les merveilles qui se cachent sur les bords de l’Oust. L’Oust, c’est le nom de cette rivière, affluent de la Vilaine, que nous allons emprunter jusqu’à Josselin. L’Oust fait partie du canal de Nantes à Brest, constitué souvent de rivières canalisées, et donc plus « sauvages ».

     
Texte & photos : ©JF Macaigne