LES RENCONTRES D'ARLES 2010 du 3 juillet au 19 septembre

Du lourd et du piquant !

Rencontres d'Arles 2010Comme chaque année depuis 1970, Arles la belle a ouvert cet été ses murs, ses rues et ses anciens monuments à des photographes venus du monde entier. « Du lourd et du piquant », annonce le rhino-c’est-rose, emblème cette année des rencontres d’Arles. Le contrat est respecté. Il y a du lourd, avec Ernst Haas, Claude Gassian, et Peter Klasen entre autres, et du piquant avec une pléiade de virtuoses venu(e)s du monde entier. Il y a aussi des ovnis comme l’énorme jeu des 7 erreurs proposé par Zhang Dali à l’espace Van Gogh, qui démontre de brillante façon que la retouche photo du temps de Mao a pu faire des miracles, tant politiques qu’esthétiques.
Au Méjan vous attend une magistrale leçon de noir et blanc, grâce à l’œil de l’Italien Mario Giacomelli. Un florilège de son œuvre, portraits poignants ou charmants, paysages sublimés jusqu’au chef d’œuvre, et poèmes illustrés emplis de tant de sensibilité que l’émotion submerge. A l’étage du dessus, les choses changent. On entre dans l’hyper coloré et hyper-réalisme des photos préparatoires aux peintures industrielles de Peter Lasen. Personnellement, je préfère ses travaux photos au toiles géantes, mais personne ne restera insensible aux couleurs, au graphisme, et aux métaphores des tuyaux, portes de hangar et poutrelles métalliques des clichés du grand Lasen.
L’église des Trinitaires présente un hommage appuyé à un homme-étoile venu d’ailleurs : le grand Mick (Jagger) y est portraitisé, idéalisé, reportagisé(1) par les plus grands. Un grand par les grands, de Cecil Beaton à David Bayley, en passant par Claude Gassian, Peter Lindbergh ou Jean-Marie Perrier. La moue sur les murs.
On retrouve le rock auParc des Ateliers, un cadre surréaliste qui se prête à tous les jeux d’images que l’on veut bien se donner la peine d’imaginer. I am a cliché, prononce avec l’accent une voix féminine à l’entrée de l’expo. Nous sommes tous des clichés, si l’on va par là.Et on y va, croyez moi. A toute allure. Voilà des photos revigorantes, pleines de souvenirs et de clins d’œil. On y re-croise Patti Smith, Iggy Pop, les Sex Pistols, Warhol, Nico et le Velvet Underground au grand complet, groupies comprises, ainsi que cette ambiance créative et délicieusement perverse qui régnait au Village à l’époque. La déco y est pour beaucoup, tant sonore que visuelle. Du grand art.
Les autres, tous les autres, les obscurs, les sans-grade, les artistes du coin de la rue, exposent au détour d’un couloir, entre deux murs de rues, de l’autre côté d’une fenêtre, pour le bonheur de passants toujours en quête de sensations nouvelles. C’est frais, souvent excellent, quelquefois inachevé. Qu’importe ? Qui sait ceux qui seront les futurs maîtres de demain ? Arles est un bain révélateur. Après, on fixe et on laisse sécher. A l’année prochaine !…

Site des Rencontres d'Arles…

(1) Qu’on me pardonne tous ces néologismes, j’ai parfois la plume qui s’envole lorsqu’il s’agit de ceux que j’aime…