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La Seine aval
De Paris à Honfleur
 JF
Macaigne

 
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Nous avons de la chance : la météo annonçait de la pluie, et il fait un soleil radieux. Profitons-en, nous sommes en Normandie, quand même. Le bateau reste à quai toute la journée, et ce matin est consacré à la visite de l’ancienne cité viking. Enfin, c’est ce que l’on dit. L’étymologiste qui sommeille en chacun de nous sait bien sûr que Honfleur vient de hon ou horn (comme le cap) qui signifie coin ou angle, et de fleu ou floth qui désigne un cours d’eau. En scandinave ancien, cela va de soi.
Nous partons donc en petit groupe nous perdre dans les ruelles pavées aux maisons à colombages, précédés par un guide qui connait les recoins de sa ville sur le bout du doigt. Le charmant lavoir qui jouxte la médiathèque date du XVIIe, mais a entièrement été rénové beaucoup plus récemment. Il en existe un autre, plus haut, dans son état d’origine, à l’ombre de l’église St Léonard. Un havre de calme pour les adeptes de la méditation loin des bruits de la ville. De l’autre côté du Cours des Fossés se situe la ville d’origine, qui était autrefois protégée par des remparts. En s’enfonçant entre les vieilles maisons, nous faisons quelques découvertes, comme les anciens greniers à sel, le souvenir de vieilles échoppes, la prison du XVIIe, toute en pans de bois, devenue musée d’Ethnographie et d’Art Populaire, et aussi une église charmante du XIVe siècle, St Etienne, où s’est installé le musée de la Marine.
Nous sommes face au Vieux Bassin, voulu par Duquesne et ordonné par Colbert en 1681. C’est un éclatement de couleur qui inspira tous les peintres qui vinrent ici, de Boudin à Corot, en passant par Turner, Jongkind, Monet, Hambourg… Au bout du quai, la Lieutenance (XIe) fermait le port grâce à une chaine tendue avec la Tour Carrée aujourd’hui disparue.
Ce « logis du Lieutenant du Roi » se trouve à quelques mètres seulement du plus petit musée du monde, celui à la gloire d’Alphonse Allais, qui naquit à côté et travailla comme potard dans la pharmacie de ses parents, la « Pharmacie duPassocéan ». Comme pour le champ de tir, il faut demander la clef, ou téléphoner - c’est plus moderne - pour visiter. Vous verrez alors le cabinet de curiosités le plus extraordinaire qui soit, où sont réunis des objets et inventions uniques, collectés par l’inventeur du café soluble lyophilisé : le crâne de Voltaire enfant, un morceau authentique de la fausse croix, le coton noir pour personnes en deuil, de l’amidon bleu blanc rouge pour rigidifier les drapeaux les jours sans vent, une tasse avec anse à gauche pour gaucher, des boulettes de bismuth et de miel de Narbonne pour constiper les mouches, le timbre-poste pharmaceutique et la clysopompe à hydropathe pour rendre impure l’eau potable. Entre autres.
Il nous restait à voir l’église Ste Catherine, de la deuxième moitié du XVe. Construite après le départ des Anglais pour en remplacer une autre détruite pendant la Guerre de Cent Ans, c’est la plus grande église en bois à clocher séparé de France. Sa double nef fut réalisée par des charpentiers de marine et le clocher est séparé, à la manière d’un beffroi, installé sur la maison du sonneur. Bien sûr, il y a encore des centaines de choses à voir à Honfleur : le musée Eugène Boudin, pour tous ceux cités plus haut, les maisons Satie, pour Erik Satie, natif du pays, toutes les galeries de peinture et Dieu sait qu’il y en a, et toutes les boutiques de vêtements marins, de souvenirs et autres babioles de tout poil.
 
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Texte & photos : © JF Macaigne