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La Seine aval
De Paris à Honfleur
 JF
Macaigne

 
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  Descendre la Seine aval de Paris à Honfleur, cela nécessite de passer après Rouen dans le secteur maritime. Pour un plaisancier pratiquant le tourisme fluvial, c’est évidement compliqué, tant administrativement que sur le plan de la navigation. CroisiEurope, avec ses grands paquebots, permet à tout un chacun de voguer sur les eaux riches de patrimoine et d’histoire de l’ancienne déesse gauloise Sequana. Evidemment, pas sur un bateau de location et sans être à la barre. Mais croyez-moi, le voyage mérite de se laisser dorloter, sans se poser plus de problèmes qu’il n’en faut, à bord d’un paquebot qui ressemble étrangement, lorsqu’on ferme les yeux, à un nuage sur l’eau.
Se mêler aux premiers juilletistes pour une petite virée en bateau vers la Côte Fleurie, voilà qui eut enchanté bon nombre d’impressionnistes. Alphonse Allais rejoignait Honfleur en train, nous y sommes allés sur le Botticelli, l’un des 4 paquebots de CroisiEurope qui sillonnent quotidiennement la Seine. Riche idée ! C’est rapide, 4 jours, mais cela donne envie de revenir…
La Seine a toujours attiré les amateurs de beaux paysages. Demandez aux Vikings. Ils ont tellement aimé qu’ils y ont fait souche. Mais nous n’en sommes pas encore là. La croisière commence à Paris, en fin d’après-midi.
C’est peut-être la plus belle balade au monde, celle pour qui des millions de touristes se sont déjà embarqués sur un bateau promenade à Paris. Après un bref passage dans nos cabines, la présentation de l’équipage et le pot de bienvenue dans le grand salon à l’avant du bateau, voici l’heure. La grande coque s’ébroue en silence, nous contournons la statue de la Liberté, signée Bartholdi, de l’Allée des Cygnes et mettons le cap sur l’intérieur de Paris. Pourtant, Honfleur, c’est de l’autre côté !
Nous passons sous le sublime pont de Bir-Hakeim, sur lequel furent tournés, entre autres, Zazie dans le métro et Le dernier tango à Paris. XIXe et Art nouveau jusqu’au dernier de ses boulons. Il est coiffé du métro, qui ponctue de temps à autre l’heure qui passe de ses rythmes ferraillants, au-dessus des lampadaires-fleurs et de la petite forêt de piliers-tiges.
La « France Renaissante », grande statue verte sur le flanc amont du pont, pointe une épée vengeresse vers la tour Eiffel et Notre-Dame. Elle avait été offerte à Paris par la communauté danoise et représentait Jeanne d’Arc à cheval. Comme le conseil municipal la trouvait quelque peu agressive, un changement de nom suffit à clore les polémiques.
Les images et les ponts s’enchaînent. La tour Eiffel, immense vue d’en bas, le Trocadero, vestige de l’Exposition Universelle de 1878, les ors du pont Alexandre III et au loin ceux de la coupole des Invalides, la chambre des députés, et la place de la Concorde de l’autre côté, les immeubles magnifiques de la rive gauche et le musée d’Orsay, face au Louvre, qui a déjà commencé à dérouler ses grands murs blancs. Nous arrivons passerelle des Arts, dont une partie de la rambarde s’est effondrée il y a quelques temps, sous le poids des cadenas qui y sont accrochés. De l’eau, de très près, la vision est impressionnante.
Voici le Pont Neuf. Sur le pont supérieur, le capitaine Dourlent pilote l’immense navire depuis une minuscule console portative tandis que la cabine de timonerie mobile est en position basse. L’œil du commandant Stéphane Lesage se plisse, nous passons sous l’arche sans ralentir, dans une trajectoire précise au centimètre. Tous ceux qui sont là se sont accroupis pour éviter de brosser des cheveux le dessous du pont. La prouesse se renouvelle à chaque voyage. Le Botticelli est un gros bateau, bien plus gros que les bateaux-mouches qui sillonnent le trajet… Nous allons nous amarrer beaucoup plus loin, à un quai sans âme d’Ivry-sur-Seine, pour attendre le coucher du soleil et prendre notre premier dîner à bord.
 
   
Texte & photos : © JF Macaigne